L’avis de maman: dites pompière, pas pompier

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Pendant longtemps je n’étais pas tellement sensible à la féminisation des noms de métier. Bien-entendu, chacun et chacune se présentait comme il ou elle le désirait, je n’y voyais évidemment pas d’inconvénient mais je n’en saisissais pas l’importance.

A propos des pompières, des pompiers et du cerveau de mes petits

Puis j’ai lu une étude qui montrait que les petites filles ne se sentaient pas concernées quand elles entendaient un nom de métier au masculin. « Le pompier est très courageux ». Leur cerveau ne s’imaginait pas qu’il pouvait s’agir d’un métier ou d’une qualité pour elle. La grammaire au masculin les empêchait de s’identifier. Quelle horreur! Cela m’a filé le cafard.

Je ne veux pas qu’à cause de ma manière de parler, j’empêche mes filles de développer librement leur personnalité et que leurs choix inconscients se limitent aux métiers que l’on dit au féminin (et aux qualités qui s’y rapportent). Alors j’ai décidé de changer. Pour ouvrir les perspectives de mes filles et pour montrer à mon fils qu’il n’y a pas de chasse gardée de métier, d’activité ou de fonction.

Dédoubler: le bon réflexe à avoir

Cela n’est pas toujours systématique mais j’essaye le plus souvent possible de dire, quand je ne connais pas le sexe de la personne « le ou la Ministre de la mobilité bruxelloise doit être mort (ce n’est pas possible autrement) ». Si je parle d’un métier en général, je dirai « Si papa est en retard pour vous conduire à l’école demain, il aura besoin d’un ou d’une avocate » ou encore « Ce ne sont certainement pas des chercheuses et des chercheurs à la NASA qui ont développé cette nouvelle ouverture de babybel ».

Pour les noms de peuple, je ne dédouble pas spécialement au féminin. Sauf si c’est lié à mes enfants ou à une situation positive. Je dirai (comme mon mari est d’origine arménienne et que mes petits sont des graines de nationalistes): « Ararat est la montagne des arméniens et des arméniennes, mais elle appartient aux turques » ou « Les congolais et les congolaises sont en train de faire une révolution citoyenne. »

Ma fille est une championne

De manière générale, j’essaye d’éviter d’appeler automatiquement mes filles « princesses » ou « ma belle » et mon fils « champion » ou « coquin ». Ils l’entendent déjà beaucoup (trop) dans les magasins et à l’école, donc j’essaye qu’ils conçoivent autre chose à la maison. Donc mes filles ont droit à « A table, on se tient droite comme une soldate anglaise », « Waw, t’es trop forte en Math, comme Marie Curie » et « Oups, t’as mis ta jupe comme une pirate ». Et puis tous les soirs: « Encore un peu de brossage, même les guerriers et guerrières ont besoin d’avoir l’haleine fraiche. »

Et cela marche fonctionne pas mal! L’autre jour à la boulangerie, ma fille de trois ans à répondu à la vendeuse: « Je ne suis pas une princesse, je suis Gassia! » (fierté…)

Alors c’est vrai que cela prend un (tout petit) peu plus de temps de raconter une histoire, mais si mes filles finissent à la NASA, et que mon fils respecte intellectuellement ses collègues en mini-jupe (pas exemple à la cafétéria du Nobel), cela aura été des minutes bien investies!

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